bouddhisme -
Bien que, dans leur nature ultime, le samsara et le nirvana ne soient pas distincts, on les perçoit néanmoins comme opposés.
En faisant l'expérience de la confusion du samsara, on est également amené à en subir les conséquences sous forme de souffrance. Dans notre expérience, le samsara apparaît comme quelque chose de douloureux et de mauvais dont il faut se libérer afin de surmonter la souffrance, tandis que le nirvana, ou libération de la confusion et de la douleur, apparaît comme un état supérieur et opposé au samsara, un état de libération auquel il faut aspirer.
Dans sa confusion, le samsara et le nirvana apparaissent comme des entités distinctes, le samsara comme quelque chose de mauvais et le nirvana comme quelque chose de désirable et de positif.
En fin de compte, cependant, cette séparation entre le samsara comme confusion et le nirvana comme état de libération de la confusion n'existe pas dans la nature du soi. De par sa nature même, le samsara est vacuité ; cependant, comme on ne reconnaît pas sa vacuité, il apparaît sous la forme du samsara, c'est-à-dire de la souffrance. Le nirvana est la liberté de toute forme de confusion ou de souffrance. C'est là sa seule différence par rapport au samsara, car la nature du nirvana est également la vacuité, tout comme la nature du samsara.
Par conséquent, le samsara et le nirvana sont en fin de compte inséparables, car la nature des deux est le vide.
Son Éminence le 3e Jamgön Kongtrul Rinpoché